L’Ecole, et si on oubliait l’idéologie ?

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Le résultat est factuel, la déperdition augmente d’année en année, l’école fabrique des inadaptés, l’argent public ne sert à rien...

Le Roi, le chef du gouvernement, les partis, les simples citoyens, tout le monde est d’accord pour dire que l’école est en faillite. Depuis 40 ans nous multiplions les réformes, les commissions, avec le même résultat, ce qui a poussé Benkirane à plaider pour une privatisation globale.

A gauche on sacralise des totems tel que la généralisation, la gratuité. Les islamistes sont contents, parce que la religion est omniprésente au point que même un cours de sciences sur l’eau, commence par une sourate.

Le résultat est factuel. La déperdition augmente d’année en année, l’école fabrique des inadaptés, l’argent public ne sert à rien, à part de rares « perles », l’enseignement n’est plus un moyen d’intégration sociale, un ascenseur. Zéro sur tous les plans.

L’enseignement public, l’école, doit être un creuset d’intégration qui renforce la cohésion nationale, au travers d’un récit national, consensuel. Mais l’école doit aussi permettre aux individus, selon leurs capacités, d’envisager une vie d’adulte, digne et pourquoi pas, ambitieuse.

Tous les partis politiques aumônent depuis 40 ans les mêmes bêtises. Il n’y en a pas un qui propose des choses concrètes et ils se mettent tous, vent debout contre les spécialistes qui voudraient dépasser les bêtises appelées clivages.

Je n’ai aucune expertise dans le domaine, mais je me permets de faire des propositions que je résume ci-après :

  • L’école publique a deux fonctions, transmettre les valeurs consensuelles fondant la citoyenneté et préparer l’élève, par ses acquis à la vie active.
  • L’enseignement fondamental a pour objectif l’apprentissage des langues, du calcul et l’ouverture à la culture.
  • Dès le collège des formations qualifiantes, dans des métiers d’avenir seront proposées aux jeunes qui n’accrochent pas aux formations généralistes.
  • Multiplier les BTS, les IUT, les formations courtes, et réduire les formations généralistes sans débouchées en les réservant à ceux qui prétendent à l’enseignement.

 

Ceux qui croient que l’école, dans l’état où elle est, va empêcher la reproduction des élites pour que leur descendance reste maitre du jeu, sont des rêveurs. La réalité c’est que 30% du budget national est balancé dans le vide. Si nous pouvons assurer à tout enfant scolarisé, des acquis, des compétences débouchant sur un possible emploi, nous aurons gagné. Libre aux autres de rêver, l’école ne peut pas rester prisonnière d’une vision datant du siècle dernier. Le vrai problème c’est l’efficacité de l’investissement public, le reste relève du luxe intellectuel.