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Culture : de Tétouan à Marrakech, le Maroc au rythme des arts, de la scène et de la transmission
Une session gratuite de cinq jours consacrée à la professionnalisation des DJ et producteurs s’est achevée mardi dans la Cité des Alizés.
Arts plastiques, musique électronique, théâtre immersif, création contemporaine et patrimoine sont au cœur d’une série de rendez-vous culturels programmés à Tétouan, Essaouira, Rabat et Marrakech. Entre la célébration des 80 ans de l’École des beaux-arts de Tétouan, la formation d’une nouvelle génération de DJ, l’arrivée du projet théâtral Urban Safar dans la capitale et plusieurs événements dans la région Marrakech-Safi, ces initiatives mettent en avant la transmission, l’ouverture internationale et de nouvelles formes de création.
Tétouan célèbre 80 ans d’enseignement artistique
Un ouvrage documentaire retraçant 80 ans d’histoire de l’École des beaux-arts de Tétouan vient de paraître à l’initiative de l’Association des lauréats de cette institution. Publié dans le prolongement de l’exposition « 80 », présentée du 20 juin au 20 septembre au Centre d’art moderne de Tétouan, ce catalogue revient sur la naissance et les différentes transformations de la première institution marocaine spécialisée dans l’enseignement des beaux-arts.
L’ouvrage retrace trois grandes étapes. La première remonte à 1945 avec la création de l’École préparatoire des beaux-arts de Tétouan, sous le protectorat espagnol. La deuxième intervient en 1957, avec la fondation de l’École nationale des beaux-arts de Tétouan dans le contexte de l’édification des institutions du Maroc indépendant. Enfin, une restructuration académique menée en 1993 donne naissance à l’Institut national des beaux-arts de Tétouan, devenu un établissement d’enseignement supérieur artistique.
Au fil de ses 206 pages de grand format, le catalogue rassemble œuvres, témoignages, études et contributions de chercheurs, historiens, critiques et artistes marocains et espagnols. Charaf Eddine Majdouline, Mohamed Métalsi, José Luis Gómez Barceló, Ahmed Fassi, Clara Miret-Nicolazzi et María Dolores Jiménez Valiente figurent notamment parmi les contributeurs.
Une introduction trilingue, en arabe, français et espagnol, est signée par Mehdi Zouak, directeur de l’INBA, et Adil Rabih, président de l’Association des lauréats. Placé sous la supervision de Bilal Chrif, directeur du Centre d’art moderne de Tétouan, le projet entend préserver la mémoire d’une institution qui a formé plusieurs générations d’artistes et contribué au développement des arts plastiques au Maroc. La publication a bénéficié du soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, tandis que l’Institut Cervantès de Tétouan a financé les contributions espagnoles. Markdown collé
Essaouira forme la nouvelle génération de DJ
À Essaouira, le MOGA Festival ne se limite pas aux scènes et aux performances musicales. Son volet professionnel, MOGA Connect, mise également sur la formation des jeunes artistes appelés à faire vivre la scène électronique marocaine.
Une session gratuite de cinq jours consacrée à la professionnalisation des DJ et producteurs s’est achevée mardi dans la Cité des Alizés. Organisée dans le cadre de la MOGA Academy, en partenariat avec l’Association 4S et avec le soutien du British Council, elle a réuni 15 jeunes artistes, dont quatre femmes.
Production musicale, techniques de DJing, mix, transitions, direction artistique, relations avec les labels, promotion et droits d’auteur : la formation a couvert plusieurs dimensions d’un métier devenu de plus en plus exigeant.
Le DJ et producteur marocain Abderrahman El Hafid, connu sous le nom de Mr. ID, a notamment animé un atelier consacré au DJing et à la production. Il a insisté sur l’évolution de la profession : le DJ contemporain ne se contente plus de sélectionner des morceaux, mais produit également sa propre musique et doit construire une identité artistique distinctive.
La transmission entre générations constitue également l’un des objectifs de l’initiative. Les artistes confirmés peuvent ainsi partager leur expérience avec de jeunes talents tout en se familiarisant avec leurs attentes et leurs nouvelles pratiques.
Pour Fairouz, alias DJ Fay, la sélection de quatre femmes parmi les 15 bénéficiaires contribue aussi à renforcer la visibilité des Marocaines sur la scène musicale nationale.
La dernière journée, baptisée « Tekwin », a été animée par Nora Tawab, Copyright & Royalty Analyst chez Sony Music Publishing MENA à Dubaï. Elle a notamment abordé les droits d’auteur, la gestion des œuvres et le développement professionnel des artistes. À travers cette formation, MOGA Connect entend participer à la structuration durable d’une scène électronique marocaine en plein essor. Markdown collé
Urban Safar transforme Rabat en scène de théâtre
À Rabat, le théâtre quittera prochainement les salles pour investir directement la ville. Du 26 novembre au 5 décembre, le projet Urban Safar proposera dix représentations interactives invitant le public à parcourir les quartiers de la capitale et à découvrir les histoires de ceux qui les habitent.
Imaginé par la metteuse en scène néerlandaise Adelheid Roosen et développé par la compagnie Female Economy, Urban Safar repose sur une conception immersive du spectacle vivant. Pas de scène traditionnelle ni de spectateurs immobiles : les lieux urbains deviennent les décors, les habitants participent au récit et le public se déplace d’une performance à l’autre.
La démarche s’appuie sur une méthode appelée « adoption ». Durant une période d’immersion, les artistes rencontrent les habitants, partagent une partie de leur quotidien et recueillent récits, souvenirs et expériences personnelles. Cette matière humaine devient ensuite la base de créations théâtrales liées au territoire où elles sont présentées.
Après une première expérience marocaine à Tanger, du 24 juillet au 3 août 2024, le projet poursuit ainsi son parcours à Rabat. L’objectif est d’offrir un autre regard sur la capitale en faisant se rencontrer artistes, habitants et spectateurs dans des espaces inhabituels.
Né à Amsterdam en 2012, Urban Safar a déjà été déployé dans plusieurs pays, notamment aux Pays-Bas, au Mexique et au Suriname. Le concept s’adapte à chaque ville tout en conservant son principe fondateur : faire émerger par le théâtre des récits enracinés dans les communautés locales. Markdown collé
À Marrakech, l’eau devient matière artistique
Le Musée Mohammed VI pour la Civilisation de l’Eau au Maroc accueille du 1er au 30 octobre la première édition des « Énergies Créatives », placée sous le thème « L’Eau, source de vie et de création ».
Douze artistes y présenteront des œuvres proposant différents regards sur l’eau, sans imposer une interprétation unique. Cette première édition s’inscrit également dans le contexte de la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes, célébrée le 13 octobre, avec en toile de fond les questions de prévention et de résilience des territoires.
Cette exposition constitue le premier volet d’un programme appelé à se poursuivre autour du dialogue entre création contemporaine et grands enjeux du monde actuel. Markdown collé
OPUS 503 fait dialoguer lyrique et musique populaire
Autre rendez-vous à Marrakech : le trio vocal salvadorien OPUS 503 se produit au Musée Yves Saint Laurent à l’occasion de la commémoration de l’Indépendance de la République du Salvador.
Organisée dans le cadre d’une coopération entre l’Institut Cervantès, l’Ambassade du Salvador au Maroc et le Musée YSL, la soirée entend mettre en valeur la diversité du patrimoine musical latino-américain.
Composé de José Guerrero, Mauro Iglesias et Esaú Osorio, OPUS 503 associe le chant lyrique à la proximité de la musique populaire. Son répertoire va de l’opéra et du bel canto à la chanson italienne, en passant par les grandes œuvres d’Amérique latine et du Salvador, réinterprétées dans une approche contemporaine.
Fort de cinq productions discographiques, le trio s’est déjà produit en Amérique, en Europe et en Asie, dans des festivals, des rencontres culturelles et des manifestations diplomatiques. Markdown collé
La Maison Denise Masson valorise un héritage intellectuel
L’Institut français de Marrakech inaugure également un nouvel espace muséal permanent au sein de la Maison Denise Masson. Celui-ci sera consacré au parcours, aux travaux et à l’héritage de la chercheuse et écrivaine française, figure du dialogue intellectuel entre la France et le Maroc.
L’inauguration sera accompagnée de deux expositions temporaires. La première portera sur le pluralisme religieux au Maroc. La seconde est annoncée sous le titre « J’ai connu Dieu ». Le texte source ne fournit pas davantage de précisions sur son contenu. Markdown collé
De Tétouan à Essaouira, de Rabat à Marrakech, ces rendez-vous dessinent ainsi une actualité culturelle marquée par la diversité des disciplines et des générations. Mémoire artistique, formation professionnelle, immersion théâtrale, dialogue interculturel et création contemporaine s’y rejoignent autour d’un même fil conducteur : transmettre les héritages tout en ouvrant de nouveaux espaces à la création.