Dynamiques sahélo- maghrébines dans un contexte de reconfiguration géopolitique - 2/2 Par Mohamed Benabdelkader

Dynamiques sahélo- maghrébines dans un contexte de reconfiguration géopolitique - 2/2 Par Mohamed Benabdelkader

4e session de la Grande Commission Mixte de Coopération maroco-malienne tenue la 24 juillet 2026 à Bamako - La crise malienne et l’instabilité régionale plus large semblent fortement accélérer la recomposition des doctrines diplomatiques des pays du Maghreb. Confrontés à un Sahel en pleine mutation, Alger, Rabat, Nouakchott, Tunis et Tripoli ont été contraints de revoir leurs priorités stratégiques, leurs alliances et leurs outils d’influence, souvent au-delà des cadres multilatéraux traditionne

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Dans un espace sahelo-maghrébin traversé par de profondes recompositions géopolitiques, le Maroc consolide une stratégie fondée sur la coopération économique, sécuritaire et diplomatique. L’analyste et ancien ministre Mohamed Benabdelkader dans cette deuxième partie analyse l’affaiblissement des cadres régionaux traditionnels, la rivalité entre Rabat et Alger et l’émergence d’un modèle marocain articulant profondeur africaine, ouverture atlantique et renforcement des capacités des États sahéliens.

Mohamed Benabdelkader

La tenue cette semaine de la 4e session de la Grande Commission mixte de coopération Maroc-Mali à Bamako constitue un événement diplomatique et géoéconomique majeur. Marquée par la signature de 21 accords stratégiques visant à dynamiser le commerce, renforcer la sécurité et acter la relance d’un cadre permanent de dialogue, cette rencontre illustre concrètement la capacité du Maroc à structurer des partenariats opérationnels dans un espace régional fragmenté, où l’enjeu sécuritaire exige aujourd’hui une coopération solide, structurée et durable entre l’ensemble des pays de l’espace Sahel-Maghreb. Une simple normalisation bilatérale, comme celle observée récemment entre Alger et Bamako, ne suffit plus. Face à des menaces hybrides et transnationales, les avancées ponctuelles, aussi significatives soient-elles, doivent s’inscrire dans une dynamique collective plus large, capable de dépasser les logiques purement bilatérales.

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C’est précisément dans ce contexte régional de fragilité et d’incertitude, que l’évolution actuelle des équilibres géopolitiques au Sahel prend tout son relief. La montée en puissance de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le repositionnement des acteurs extérieurs, redessinent profondément les marges de manœuvre et les lignes de fracture au sein du Maghreb. Ces transformations influencent directement les dynamiques de coopération - ou de rivalité - entre Alger, Rabat, Nouakchott et Tripoli, transformant le Sahel en un véritable laboratoire de la recomposition stratégique régionale.

Interdépendances sécuritaires face à une coopération fragilisée

Cette restructuration régionale engendre à la fois une fragmentation accélérée des cadres traditionnels de coopération multilatérale, une affirmation croissante des logiques souverainistes et une redéfinition fondamentale des rapports historiques entre le Sahel et le Maghreb. Le paradoxe est saisissant : alors même que les interdépendances sécuritaires entre le Maghreb et le Sahel n’ont jamais été aussi fortes - face à un terrorisme transnational, à des réseaux criminels transsahariens et à des flux migratoires incontrôlés - la coopération maghrébine institutionnelle demeure pratiquement paralysée.

Pour mieux saisir cette contradiction, il convient de comprendre que, à mesure que le Sahel s’impose comme l’épicentre d’une profonde recomposition géopolitique, il révèle simultanément les fragilités structurelles du Maghreb. La dynamique sahélienne apparaît ainsi comme un révélateur des fragilités du système maghrébin.

Toutefois, la paralysie de l’Union du Maghreb arabe n’est pas un phénomène récent, les transformations en cours au Sahel n’ont fait que l’accentuer. Pourquoi ? parce que chaque pays maghrébin développe désormais sa propre stratégie sahélienne, le Maroc privilégie une approche géoéconomique et atlantique, l’Algérie conserve une approche d’instabilité contrôlée pour affaiblir ses voisins, la Mauritanie joue un rôle d’État tampon prudent et pragmatique, la Tunisie reste relativement marginalisée par ses difficultés internes, alors que la Libye demeurant fragmentée, constitue un vide sécuritaire structurel plus qu’un acteur étatique menant une stratégie cohérente délibérée. 

Le Sahel n’unifie pas le Maghreb, il accentue au contraire les tensions de projection régionale, notamment la tension Maroc–Algérie. Rabat cherche à renforcer ses corridors atlantiques, son intégration économique avec l’Afrique de l’Ouest, ainsi que son initiative d’accès atlantique pour les États sahéliens enclavés. Alger tente parallèlement de maintenir sa stratégie ambivalente de reconstruction de son influence régionale et de manipulation des groupes djihadistes. Cette tension entre les deux grands pays maghrébins, risque de produire un effet de blocage qui se traduit par l’absence d’une vision sécuritaire commune et l’impossibilité de construire une architecture maghrébo-sahélienne intégrée.

Redéfinition des cadres traditionnels de coordination régionale

La sécurité sahélienne dépasse désormais les cadres régionaux traditionnels de dialogue et de coordination, tandis que les organisations classiques voient leur efficacité s’éroder, la CEDEAO est fragilisée, l’UMA demeure paralysée. Dans le même temps, émergent des coalitions plus souples, des partenariats bilatéraux et des alliances de circonstance. Cette évolution traduit l’émergence d’une nouvelle dynamique dans laquelle, le régionalisme tend à se recomposer sur un mode davantage transactionnel qu’institutionnel.

Ainsi, les recompositions géopolitiques du Sahel révèlent à la fois l’intensification des interdépendances sécuritaires entre Maghreb et Sahel et l’incapacité persistante des États maghrébins à construire une gouvernance régionale intégrée, en raison généralement de la crise du régionalisme maghrébin et plus particulièrement du conflit artificiel imposé par l’Algérie autour du Sahara occidental marocain.

Certes, on peut envisager une redéfinition des cadres traditionnels de dialogue et de coordination régionale, mais pas sous la forme d’un remplacement brutal ou d’une architecture unique nouvelle. Il s’agit plutôt d’une transformation progressive, partielle et asymétrique des modes de coopération. Les organisations régionales héritées (CEDEAO, UMA...) souffrent aujourd’hui de deux limites majeures, à savoir la faible cohésion politique entre États membres et la concurrence des stratégies nationales de souveraineté. Dans ce contexte, ces cadres régionaux perdent leur capacité à produire des normes communes contraignantes, la tendance dominante n’est donc pas la disparition de ces cadres, mais leur recomposition fonctionnelle.  La perspective la plus probable serait celle d’un système hybride, où coexistent des institutions régionales affaiblies mais maintenues, des réseaux bilatéraux denses, ainsi que des partenariats transrégionaux flexibles.

La redéfinition des cadres traditionnels de dialogue régional sahelo-maghrebin semble déjà en cours, mais elle ne conduit pas à une nouvelle architecture unifiée. Elle produit plutôt la reconfiguration d’un espace de gouvernance fragmenté, pragmatique et évolutif, où la coopération dépend de plus en plus des intérêts conjoncturels que des structures institutionnelles permanentes.

Reconfigurations des orientations diplomatiques maghrébines

C’est dans ce contexte de tensions et de vide institutionnel que la crise malienne et l’instabilité régionale plus large semblent fortement accélérer la recomposition des doctrines diplomatiques des pays du Maghreb. Confrontés à un Sahel en pleine mutation, Alger, Rabat, Nouakchott, Tunis et Tripoli ont été contraints de revoir leurs priorités stratégiques, leurs alliances et leurs outils d’influence, souvent au-delà des cadres multilatéraux traditionnels.

La question d’une éventuelle recomposition des doctrines diplomatiques des pays du Maghreb mérite toutefois d’être nuancée. Avant d’en évaluer l’ampleur ou la profondeur, Il convient d’abord de préciser ce que recouvre réellement l’expression « doctrine diplomatique ». Cette notion renvoie globalement soit à un cadre référentiel stable et formalisé de principes stratégiques orientant l’action extérieure d’un État, soit à un ensemble plus fluide et évolutif de priorités, de perceptions de menaces et d’instruments d’influence, fréquemment adaptés aux réalités du terrain.

Dans le cas des États maghrébins, les doctrines diplomatiques sont rarement formalisées, stabilisées et théorisées de manière explicite. Seuls le Maroc et, dans une moindre mesure l’Algérie, font exception à cette règle, disposant d’une vision stratégique plus structurée et plus constante de leur action extérieure.  Ce dont il s’agit pour le reste des pays du Maghreb, ce sont des orientations stratégiques implicites, évolutives et souvent fortement dépendantes des contextes politiques internes, des équilibres régionaux et des contraintes internationales.

Autrement dit, parler de « doctrine » au sens strict suppose une cohérence intellectuelle et institutionnelle relativement stable dans la définition des priorités extérieures d’un État. Or, généralement au Maghreb, les politiques étrangères relèvent davantage de lignes de conduite pragmatiques que de doctrines systématiquement codifiées. C’est pourquoi il est plus juste de parler de reconfigurations des orientations diplomatiques que de véritables ruptures doctrinales.

Dans ce cadre, la crise malienne et, plus largement, l’instabilité sahélienne jouent effectivement un rôle d’accélérateur, mais dans un processus déjà engagé. Elles ne créent pas ex nihilo une nouvelle doctrine diplomatique maghrébine, elles intensifient plutôt des inflexions existantes et révèlent des divergences de trajectoires entre Etats. On peut observer trois effets principaux.

Les trois effets principaux de la crise sahélienne

D’abord, la crise malienne a renforcé la centralité du Sahel dans les politiques étrangères maghrébines, en transformant cet espace en profondeur stratégique immédiate. Ce qui relevait auparavant d’une périphérie sécuritaire devient un espace d’engagement diplomatique, économique et sécuritaire plus structuré.

Ensuite, cette crise a également renforcé les dynamiques de différenciation entre les États du Maghreb. Le Maroc et l’Algérie, en particulier, déploient au Sahel des stratégies concurrentes qui traduisent moins l’émergence d’une doctrine régionale commune qu’une véritable compétition entre modèles d’influence et de projection géopolitique. Cette rivalité s’est notamment illustrée à travers l’initiative algérienne visant à faire du port de Djen Djen une porte d’accès commerciale stratégique pour les pays sahéliens, en réponse au projet marocain de l’Afrique atlantique, qui a, pour sa part, reçu un accueil favorable de plusieurs États de la région. La Tunisie et la Libye, quant à elles, demeurent largement contraintes par leurs fragilités internes, ce qui limite leur capacité de projection stratégique cohérente.

Enfin, cette crise contribue à une transformation plus générale des modes d’action diplomatique, marquée par le passage d’approches institutionnelles et multilatérales vers des logiques plus flexibles, bilatérales et transactionnelles. Cette évolution ne signifie pas nécessairement une recomposition doctrinale au sens strict, mais plutôt une adaptation pragmatique à un environnement régional instable.

Le Maroc : continuité historique et projection géopolitique structurée

Ainsi, si la crise malienne et l’instabilité sahélienne constituent indéniablement un facteur d’accélération des mutations diplomatiques au Maghreb, elles mettent surtout en lumière une réalité plus profonde, celle de l’absence de doctrines diplomatiques pleinement stabilisées et partagées, au profit de stratégies nationales en constante reconfiguration. Il importe de souligner dans ce contexte que la doctrine diplomatique marocaine apparaît comme la seule à s’inscrire dans une véritable dynamique de continuité historique et de projection géopolitique structurée. Elle articule de manière cohérente profondeur historique, vision stratégique de long terme et capacité d’adaptation aux recompositions régionales, notamment à travers l’articulation entre ancrage africain, ouverture atlantique et positionnement euro-méditerranéen.

Lors de la cérémonie du 31 juillet 2025 à Tétouan (Fête du Trône), le Roi Mohammed VI avait déclaré : « Nous avons décidé de donner à cette promotion le nom du Sultan Ahmed Al-Mansour Al-Dahbi, l’un des grands Rois du Maroc, dont le règne apporta progrès et stabilité à l’ensemble du pays et lui permit de s’ouvrir sur sa profondeur subsaharienne et de consolider ses relations avec l’Europe. » En donnant à la nouvelle promotion d’officiers le nom d’Ahmed Al‑Mansour, quel message le Souverai voulait-il transmettre avec cette référence historique ? Ce n’était pas un message de réorientation exclusive vers le Sahel plutôt que vers le Maghreb, mais clairement un message d’affirmation forte de la profondeur stratégique subsaharienne du Maroc, dans la continuité historique et géopolitique de sa politique africaine.

Le Roi réaffirme ainsi une doctrine diplomatique fondée sur la continuité historique et l’ambition stratégique, selon laquelle le Maroc est appelé à assumer pleinement son statut de puissance régionale à la croisée du Maghreb, du Sahara et du Sahel, tout en préservant ses ancrages maghrébins et européens. Il s’agit d’une affirmation de souveraineté et d’une posture d’influence proactive dans un espace sahélien en recomposition, davantage que d’un repositionnement exclusif. Cette référence à la profondeur historique s’inscrit par ailleurs dans un registre rhétorique constant du discours royal, visant à légitimer une projection africaine assumée et structurée.

L’Algérie : isolement diplomatique et repositionnement tactique

De son côté, l’Algérie semble confrontée à un isolement diplomatique structurel au Sahel, largement lié à son opposition historique à l’AES, à son soutien affiché à l’Accord d’Alger de 2015 et à sa méfiance envers l’influence russe et turque dans la région. Face à cette situation pratiquement subie, Alger opère parallèlement un repositionnement politique volontaire, marqué par une normalisation pragmatique avec Bamako, une réactivation sélective de ses réseaux sahéliens et une volonté de réaffirmer son rôle d’acteur incontournable, sans pour autant renoncer à ses lignes rouges traditionnelles.

Il s’agit en réalité d’un isolement à la fois conjoncturel et partiellement structurel au Sahel, qu’Alger s’efforce de compenser par un repositionnement stratégique sélectif et pragmatique, plutôt que par une posture stricte de non-intervention. Il convient de rappeler que, là où le Maroc inscrit son approche dans une logique d’influence culturelle et religieuse, fondée sur la confiance dans la capacité des États sahéliens à prendre en charge leurs propres dynamiques de stabilisation, l’Algérie privilégie davantage une approche structurée autour d’une logique d’ingérence et de rapports de pression et du chantage. La situation n’est donc pas un retrait volontaire et serein, mais une perte d’influence réelle face aux dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES : Mali, Burkina, Niger), suivie d’efforts de reconquête diplomatique différenciée.

Cet isolement demeure toutefois relatif et ne saurait être interprété comme une marginalisation totale. L’Algérie continue d’entretenir des relations avec plusieurs États sahéliens, notamment le Tchad et la Mauritanie, tout en conservant certains leviers d’influence à travers ses capacités, énergétiques et sécuritaires.

Il n’en reste pas moins que l’Algérie fait face effectivement à un isolement diplomatique à la fois partiel et conjoncturel au Sahel, particulièrement visible dans ses relations avec le Mali, révélant les limites d’un modèle de médiation désormais perçu comme inadapté aux nouvelles dynamiques souverainistes qui traversent la région. En réponse, Alger semble engager un repositionnement stratégique plus pragmatique, privilégiant des approches économiques et des partenariats bilatéraux ciblés plutôt qu’une logique de retrait ou de non-engagement.

Le Sahel : un espace central de la projection africaine du Maroc

À l’inverse, le Maroc est en train de faire évoluer son positionnement sahélien, d’une présence historique diffuse, reposant principalement sur des liens culturels, religieux et humains, il passe à une stratégie assumée, structurée et multidimensionnelle, qui combine diplomatie d’influence, partenariats économiques et coopération sécuritaire au service d’une projection régionale cohérente.

Historiquement, la présence marocaine en direction du Sahel reposait sur des réseaux religieux (notamment soufis et confrériques), des échanges commerciaux anciens, ainsi que sur des liens humains et culturels avec l’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, cette base “historique” est réinvestie, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, dans une logique plus stratégique. Le Maroc ne se contente plus d’entretenir des relations d’amitié et de coopération, il cherche à structurer des corridors d’influence, et inscrire son positionnement diplomatique dans une vision où le Sahel est pensé comme un espace central de la projection africaine du Royaume.

Cela s’est traduit notamment par une intensification des visites royales et diplomatiques en Afrique de l’Ouest, une multiplication des accords de coopération Sud-Sud, une diplomatie active auprès des États sahéliens enclavés. L’initiative la plus structurante reste la proposition d’un accès atlantique pour les pays du Sahel, visant à intégrer ces États dans des circuits économiques mondiaux via les infrastructures marocaines.

Le Maroc développe également une dimension sécuritaire plus discrète, qui, loin de toute logique d’intervention directe, s’inscrit dans une approche de sécurisation fondée sur la stabilité et le renforcement des capacités. Cette orientation repose sur une conception de la lutte antiterroriste articulée à la prévention des facteurs d’instabilité, notamment en condamnant toute forme de collusion entre séparatisme et extrémisme violent, perçue comme une menace majeure pour l’équilibre et la sécurité de l’espace sahélien.

L’originalité du positionnement marocain réside ainsi dans sa capacité à articuler une continuité historique revendiquée, une ambition géopolitique clairement formulée, et une stratégie de projection où le Maroc se conçoit comme un pont entre Maghreb, Afrique de l’Ouest et espace atlantique.

Ce positionnement marocain s’inscrit directement dans les dynamiques sécuritaires sahéliennes actuelles. En renforçant sa présence dans les coopérations militaires, les programmes de formation et les initiatives de sécurité, le Maroc consolide une stratégie d’influence multidimensionnelle, à la fois visible et opérationnelle.

Il convient de rappeler que la sécurité au Sahel est aujourd’hui marquée par l’affaiblissement des cadres multilatéraux classiques de coopération régionale, par la montée en puissance des coalitions ad hoc, ainsi que par la diversification des partenaires sécuritaires. Dans ce contexte, le Maroc s’insère non pas comme acteur militaire interventionniste, mais comme fournisseur de compétences, de formation et de coopération institutionnelle. Sa stratégie de coopération sécuritaire et de formation en Afrique se décline pleinement au sein des dynamiques actuelles de sécurité sahélienne. Elle s’inscrit dans une évolution plus large des approches de gestion de l’insécurité régionale, privilégiant des dispositifs plus flexibles, transversaux et orientés vers le renforcement des capacités des États.

Le positionnement marocain s’intègre aussi dans une dynamique de coopération Sud-Sud, qui n’est pas uniquement technique. Elle participe aussi d’une stratégie géopolitique plus large visant à renforcer l’ancrage du Maroc en Afrique de l’Ouest et au Sahel, à consolider son rôle d’acteur stabilisateur, et par conséquence inscrire son influence dans des réseaux de sécurité transrégionaux, où le Maroc y apparaît comme un acteur de stabilisation par la formation et la coopération, plutôt que par l’intervention directe, en phase avec la reconfiguration profonde de l’architecture sécuritaire régionale.