Leçon de choses : Et si rien ne changeait chez nous après la pandémie*

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Et si rien ne changeait chez nous après la pandémie du Covid-19 ? Cette question matinée d’inquiétude est, aujourd’hui, posée tout le temps. Une des meilleu-res qualités de l’être humain étant l’oubli, et si on ne retenait rien de tout ce qui nous est arrivé ?  Et si la vie reprenait son cours normal fait d’inégalité, de cécité devant la réalité, de déni et d’égoïsme sans limite ? L’angoisse est là, palpable !

Pourtant, on ne peut pas dire que dans la gestion de cette crise le Maroc a été le dernier élève de la classe. Bien au contraire. Une proactivité très tôt aiguillonnée par des instructions royales anticipatrices et fermes. Une réaction adaptée et experte de l’appareil d’Etat qui en a surpris plus d’un. Et une résilience de la population, toutes classes sociales confondues, qui a fait réellement preuve de citoyenneté active. Un momentum de cohésion nationale exceptionnel.  

Deux leçons, au moins, à retenir de cette crise sont apparues alors, à tous, claires comme l’eau de roche. Nous avons besoin d’une protection sanitaire solide, pour tous, et partout, dans le pays. Le Marocain quelle que soit sa situation: chômeur, retraité, handicapé, veuf ou veuve, étudiant, pauvre, exclu, rural ou urbain, a besoin d’un revenu minimum permanent de dignité parce qu'il est tout simplement Marocain. C’est le “prix” de l’appartenance à la nation. Deux points fondamentaux que l’on ne pourra plus faire semblant d’oublier en espérant que Dieu y pourvoira.

Laissons aux spécialistes le débat docte sur le nouveau modèle économique. Attachons-nous simplement à l’écume des jours ! Une vérité incontournable en ces lendemains crépusculaires de Covid-19. Le système éducatif marocain ne produit pas toujours, et presque dans sa globalité, de la citoyenneté. Ce que nous avons pu constater, en ces temps de crise, c’est beaucoup d'incivilités, notamment chez les jeunes. Ce système alimente l’informel d’une manière industrielle. Il nourrit le flux tendu des sans-emplois. Et tout cela finit par devenir le socle de la pauvreté, de l'exclusion et de la mal-vie ! La photo est à peine exagérée, mais l'essentiel est là.

Alors que faire ? Commençons par dire que nous avons objectivement une chance réelle à saisir. Le traumatisme covidien a fait bouger les lignes et ébranler quelques certitudes sur le rôle de l’Etat, sur les Grands équilibres, la notion tétanisante de la dette, sur le Marché, sur le libéralisme débridé etc. à partir de là, tout devient possible, même l’avenir.

*Edito de Bab Magazine N°24