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Gdim Izik, seize ans après, les familles réclament une reconnaissance officielle
La Coordination demande la reconnaissance officielle des sacrifices des victimes et appelle à inscrire ce travail de mémoire dans la durée. À Laâyoune, par l’érection d’un monument en hommage aux victimes. À Rabat, par la création d’un espace de mémoire pour documenter les événements du 8 novembre 2010 et conserver les noms des victimes
Seize ans après les violences du camp de Gdim Izik, près de Laâyoune, la Coordination des familles et amis des victimes demande la reconnaissance officielle des sacrifices des onze membres des forces publiques tués le 8 novembre 2010. Elle annonce le lancement d’une campagne nationale de plaidoyer.
Un hommage aux victimes
Dans son communiqué daté de Rabat le dimanche 8 novembre 2026, la Coordination rend hommage aux onze membres des forces publiques martyrs du devoir, parmi lesquels figure un agent de la Protection civile. Elle rappelle que les violences ont également fait des dizaines de blessés, à des degrés divers, et donné lieu à des mutilations des corps des victimes ainsi qu’à des destructions de biens publics. Elle considère ces événements comme l’un des crimes les plus graves qu’aient connus les provinces sahariennes au cours des dernières décennies.
La Coordination exprime sa fierté devant la résilience des familles et salue leur attachement à leur droit à la vérité et à l’équité sociale. Elle réaffirme sa fidélité à la mémoire des victimes et dénonce les tentatives de passer les faits sous silence, de les déformer ou de les exploiter à des fins politiques au service d’une thèse séparatiste révolue.
Le dossier de Gdim Izik dans le débat sur le Sahara
La Coordination situe cette commémoration dans un contexte diplomatique marqué, selon elle, par une reconnaissance internationale croissante de la marocanité du Sahara et par un soutien plus large à l’initiative d’autonomie. Elle présente cette initiative comme la solution réaliste, sérieuse et crédible au différend régional. Le communiqué affirme également que la MINURSO s’est retirée des provinces sahariennes après l’échec du Conseil de sécurité à adopter une nouvelle résolution sur le Sahara.
La Coordination voit dans ces évolutions la raison pour laquelle les séparatistes et leurs soutiens intensifient leurs campagnes de propagande, exploitant le dossier de Gdim Izik au en présentant les personnes condamnées dans cette affaire comme des « détenus politiques » ou des « défenseurs des droits de l’homme ».
La Coordination répond aux appels à la libération
La Coordination dit suivre les grèves de la faim, les campagnes de pression et les mobilisations médiatiques et associatives qui réclament la libération des condamnés. Elle spuligne que ces initiatives reposent sur de graves contre-vérités et passent sous silence les faits établis par la justice. Elle leur reproche de présenter des crimes caractérisés comme des actes militants et rappelle que la défense des droits humains repose d’abord sur la protection du droit à la vie, le rejet de la violence et la lutte contre l’impunité.
Qualifier les condamnés de « militants pacifiques » ou de « défenseurs des droits de l’homme » constitue une insulte directe à la mémoire des victimes et à leurs familles, qui souffrent depuis seize ans. C’est une grave atteinte au travail de défense des droits humains, qui doit se tenir aux côtés des victimes et défendre les valeurs universelles de justice, de vérité et d’équité.
La Coordination les accuse de sortir les violences de leur contexte et d’occulter délibérément les crimes commis et les lourdes pertes humaines et matérielles qu’ils ont causées. Elle dénonce le recours au discours des droits humains pour blanchir des crimes, justifier la violence ou effacer les droits des victimes.
Un soutien aux familles et deux lieux de mémoire
La Coordination demande la reconnaissance officielle des sacrifices des victimes et la préservation de leur souvenir dans la mémoire nationale. Elle réclame un renforcement des programmes de protection sociale et la mise en place d’un soutien psychologique et éducatif pour les familles et leurs enfants. Elle demande aussi que les enfants des victimes obtiennent le statut de « pupilles de la Nation », en reconnaissance des sacrifices consentis par leurs pères au service de la patrie.
Deux projets doivent inscrire ce travail de mémoire dans la durée. À Laâyoune, les familles souhaitent l’érection d’un monument en hommage aux victimes. À Rabat, elles demandent la création d’un espace de mémoire pour documenter les événements du 8 novembre 2010 et conserver les noms des victimes. La Coordination entend ainsi préserver le droit des générations futures à connaître toute la vérité sur ces événements.
Un appel à rendre publiques les pièces du dossier
La Coordination réclame que les éléments juridiques et judiciaires de l’affaire soient mis à la disposition de l’opinion publique, au Maroc comme à l’étranger. Elle entend ainsi répondre à ce qu’elle dénonce comme des campagnes de désinformation et de falsification. Elle appelle les organisations internationales de défense des droits humains à faire preuve d’objectivité et d’impartialité en écoutant les familles des victimes et en examinant les faits au-delà du récit défendu par les parties séparatistes.
La Coordination veut également combattre toute utilisation du discours des droits humains à des fins politiques qui portent atteinte à la vérité, à la dignité des victimes ou aux droits de leurs proches. Elle annonce le lancement d’une campagne nationale de plaidoyer avec l’ambition de « faire éclater la vérité ». Elle entend, dans ce cadre, dénoncer toute tentative d’exploitation politique du dossier par les auteurs des actes criminels.