France: l’imam Hassan Iquioussen, d’origines marocaines, est introuvable

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Photo prise le 18 juin 2004 montre l'imam Hassan Iquioussen (à gauche), alors président de l'association chargée de gérer la mosquée d'Escaudain, dans le nord de la France. (Photo de Francois Lo PRESTI / AFP).

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Un mandat d'arrêt européen a été délivré par un juge d'instruction français contre le prédicateur Hassan Iquioussen, considéré comme en fuite après la validation de son arrêté d'expulsion de France, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.

Né en France, le prédicateur de 58 ans, père de cinq enfants français, mais lui a renoncé à la nationalité française sous, assure-il, la pression de son père. Hassan Iquioussen  précise avoir tenté de la récupérer deux fois, sans succès.

Le quotidien français Le Monde rapporte que ‘’puisqu’il vit en France depuis sa naissance, le code de l’entrée et du séjour des étrangers le protège contre toute expulsion dite « simple » : il n’est expulsable que dans des cas très limités, à savoir « en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat, ou liés à des activités à caractère terroriste, ou constituant des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes ».

L’expulsion de l’imam a été suspendue par le tribunal administratif, début août, et le juge des référés du Conseil d’Etat a finalement donné son accord, mardi 30 août. L'avocate de l'imam, Me Lucie Simon, avait réagi sur Twitter en estimant que cette décision symbolisait "un Etat de droit affaibli" et déploré "un contexte alarmant de pression de l’exécutif sur le judiciaire".

Des élus de gauche et d’associations s’étaient élevés contre un « dévoiement de l’Etat de droit » et l’avocate de la Ligue des droits de l’homme s’inquiétait d’un arrêté constituant « une décision d’opportunité » de Gérald Darmanin, dans le but de « promouvoir un projet de loi et la libéralisation du recours aux expulsions ». L’inquiétude persiste après la décision du Conseil d’Etat, qui « ouvre grand la porte aux expulsions arbitraires », selon le député La France insoumise du Nord David Guiraud rapporté par le Monde.

Coté marocain, un laissez-passer avait été délivré dans un premier temps avant d’être suspendu sans explications officielles. Selon le site marocain Le360, qui cite une source diplomatique, la décision de la France de réduire de moitié les visas octroyés aux Marocains en septembre 2021 n’est pas étrangère à cette décision. La coopération consulaire « n’est pas à la carte » et « ne peut donc relever de l’extrême urgence quand il s’agit des intérêts français alors que les aspects liés aux intérêts du Maroc peuvent bien attendre », précise le site.

Le mandat d'arrêt européen, révélé par BFMTV,  que les Belgres ont démenti avoir reçu, a été lancé pour "soustraction à l'exécution d'une décision d'éloignement" (article L824-9 du code des étrangers), ont précisé à l'AFP des sources proches du dossier.

Mardi après le feu vert du Conseil d'Etat à l'expulsion de M. Iquioussen, la police française ne l'avait pas trouvé à son domicile de Lourches, près de Valenciennes (nord).