Une certaine presse française et Akhannouch : un parfum d’Afrique – Par Naïm Kamal

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Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch

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Le 24 avril, sous le titre anodin – Maroc : les bénéfices des groupes pétroliers rallument la polémique – l’agence de presse française AFP, publie une dépêche où elle évoque la flambée des prix des carburants à la pompe soulignant qu’elle expose ‘’le Premier ministre Aziz Akhannouch, magnat du pétrole (sic), à de vives critiques.’’

Plus loin, l’AFP ajoute que sur ‘’la défensive, M. Akhannouch, un businessman ayant bâti sa fortune sur la distribution des hydrocarbures (resic), a qualifié de "mensonges" les profits "énormes" dénoncés par des députés, assurant qu'ils sont "quasiment les mêmes depuis 1997". Selon l’agence ‘’sa double casquette de dirigeant politique et d'actionnaire principal d'Afriquia (reresic)’’, le met sur la sellette. 

Rebondissant sur cette dépêche, le quotidien Le Monde du 25 avril, la reprend et publie un article de la même veine en y ajoutant son grain sous le titre moins anodin de : ‘’Le Premier ministre accusé de conflit d’intérêt sur fond de hausse des prix des carburants’’. Vu d’en dehors du Maroc, l’on croirait que l’on est déjà devant le Parquet national financier… français.

Mais blague à part et indépendamment de ce que l’on peut penser de cette affaire depuis ses débuts sous la mandature islamiste, des chiffres avancés et de l’alliage affaires-politiques qui ne sont nulle part dans le monde indissociables, on ne peut que s’étonner de deux choses : 

La première est que dans cette affaire, on parle toujours du groupe national marocain Afriquia, oubliant les multinationales, la française Total et l’anglo-néerlandaise Shell. Au mieux quand on les cite, histoire de se dédouaner, c’est juste pour dire : ‘’Afriquia leader du marché avec Total et Shell’’

La seconde est que l’on n’est pas à la première fois où le duo français AFP-Le Monde s’en prend à Aziz Akhannouch en se relayant avec cette technique bien connue de vicier les tournures par des qualificatifs et de s’appuyer sur des sources locales pour donner au texte un semblant d’objectivité et de crédibilité.  

Ces deux organes de presse sont en étroite relation avec l’Etat français. L’AFP est l’agence officielle de la France qui, en ce qui concerne les affaires du monde, épouse à la lettre la ligne hexagonale. Le Monde, idée du général De Gaulle, reste à l’international très lié aux Affaires étrangères et accessoirement à certains milieux d’affaires qui en ont pris le contrôle avec l’aide d’Alain Minc depuis le passage de Jean-Marie Colombani à sa tête. Le dernier en date à avoir acquis d’importantes parts dans le journal est l’homme d’affaires Xavier Niel. Ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur le fonctionnement du journal fondé en 1944 par Hubert Beuve-Méry avec le soutien du gouvernement français, on conseille La Face cachée du Monde, livre d'investigation publié en 2003 par les journalistes Pierre Péan et Philippe Cohen.

 On a donc affaire à deux mastodontes de la communication extérieure française et leur jonction répétitive dans cette affaire est pour le moins intrigante. Il y a dans ce brouhaha comme un parfum d’Afrique et de ‘’chasse gardée’’.