Les associations appellent la Cheffe du gouvernement à placer les droits des handicapés au cœur du programme gouvernemental 2026-2031

Les associations appellent la Cheffe du gouvernement à placer les droits des handicapés au cœur du programme gouvernemental 2026-2031

Les associations demandent à la Cheffe du gouvernement une nouvelle architecture gouvernementale donnant au handicap une place centrale dans la gestion des affaires publiques, avec un ancrage territorial, des compétences élargies et une coordination transversale avec les collectivités territoriales.

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L’Observatoire Marocain de l’Éducation Inclusive (OMEI) et l’Union Marocaine des Associations œuvrant dans le domaine du handicap mental (UMAHM) appellent la du Cheffe du gouvernement à inscrire les droits des personnes en situation de handicap au centre du programme gouvernemental 2026-2031. Les deux organisations réclament une stratégie nationale structurée, des dispositifs d’inclusion renforcés et l’achèvement de plusieurs chantiers législatifs et sociaux.

Une architecture publique dédiée et des données nationales

À la suite des élections législatives de septembre 2026 et de la désignation de la Cheffe du Gouvernement, les deux organisations estiment que la nouvelle législature doit accélérer le rattrapage de chantiers sociaux structurants. Elles demandent d’abord une nouvelle architecture gouvernementale donnant au handicap une place centrale dans la gestion des affaires publiques, avec un ancrage territorial, des compétences élargies et une coordination transversale avec les collectivités territoriales.

Elles réclament également un système national d’information fondé notamment sur les indicateurs de la 3ème Enquête Nationale sur le Handicap, afin d’orienter les politiques et programmes sectoriels. Cette démarche devrait s’accompagner d’un plan national stratégique quinquennal et multisectoriel pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap.

Les associations demandent en outre d’accélérer le déploiement du système d’évaluation du handicap permettant la délivrance de la carte « personne en situation de handicap », avec une généralisation à toutes les préfectures et provinces dans un délai de trois ans. Elles souhaitent aussi que le handicap et le genre soient pleinement intégrés aux Programmes de Développement Régional.

Éducation inclusive, réhabilitation et travail social

L’OMEI et l’UMAHM placent l’éducation et la formation parmi leurs priorités. Elles demandent le développement de l’éducation inclusive, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur inclusif, la suppression des obstacles réglementaires discriminatoires à l’accès et l’amélioration des services d’accompagnement.

Elles appellent également à définir une vision claire du service d’appui à l’éducation et à la réhabilitation des enfants en situation de handicap et à l’intégrer au système de protection sociale, sans porter atteinte aux intérêts des enfants scolarisés, de leurs familles et des travailleurs sociaux. Le dispositif devrait être élargi aux étudiants de l’enseignement supérieur en situation de vulnérabilité ainsi qu’aux services de soins à domicile.

Les deux organisations demandent parallèlement d’accélérer l’opérationnalisation du système d’accréditation des métiers du travail social prévu par la loi n° 45.18.

Achever les textes et renforcer l’accessibilité

Le communiqué insiste sur le parachèvement des textes d’application de la loi-cadre n° 97.13 relative à la protection et à la promotion des droits des personnes en situation de handicap, afin d’en permettre l’entrée en vigueur complète.

Les signataires demandent aussi la publication des arrêtés conjoints restant à prendre dans le cadre de la loi n° 10.03 sur les accessibilités, notamment celui relatif aux transports, ainsi qu’une modification de la loi pour y intégrer l’accessibilité numérique. Ils réclament également l’achèvement des textes d’application de la loi n° 65.15 relative aux établissements de protection sociale et l’accélération de son entrée en vigueur.

Emploi, logement et protection sociale

Sur le plan socio-économique, les associations demandent la mise en place d’un cadre contractuel entre l’État et le secteur privé fixant le quota et les modalités d’emploi des personnes en situation de handicap, conformément à l’article 15 de la loi-cadre n° 97.13. Elles souhaitent aussi un cadre contractuel facilitant l’accès à un logement à coût abordable et préférentiel.

Dans la fonction publique, elles réclament un mécanisme effectif de contrôle et de suivi du quota de 7 % réservé aux personnes en situation de handicap diplômées.

Le communiqué propose également la création d’un système d’aide sociale spécifique, intégré à la protection sociale, ainsi que la reconnaissance des prestations assurées par les femmes qui prennent soin de personnes en situation de handicap dans le cadre de « l’économie du care », avec leur intégration au système de protection sociale.

Enfin, l’OMEI et l’UMAHM demandent de revoir la formule de calcul de l’index du Registre Social Unifié afin d’y intégrer la composante du handicap et de créer un système national d’information interconnecté facilitant l’accès aux prestations et aux services.

Des revendications à intégrer au programme gouvernemental

En conclusion, les deux organisations souhaitent que ces revendications soient inscrites au cœur du prochain programme gouvernemental. Elles appellent à mobiliser les ressources financières et logistiques nécessaires à la gestion des programmes sociaux structurants et à renforcer la gestion participative ainsi que l’expertise nationale, afin d’inscrire les droits des personnes en situation de handicap dans la trajectoire de développement inclusif du pays.