Culture
Festival du film de femmes de Salé : une 19e édition entre hommages et regards croisés
Le festival consacre un volet à l’héritage scientifique et sociologique de Fatima Mernissi, en collaboration avec l’Association des amis de Fatima Mernissi pour les activités culturelles.
Le Festival international du film de femmes de Salé a ouvert sa 19e édition lundi soir, avec une programmation mêlant hommages, compétitions, rencontres professionnelles et réflexion sur la place des femmes dans le cinéma. Organisée jusqu’au 3 octobre par l’Association Bouregreg, la manifestation met également à l’honneur le cinéma québécois et célèbre l’héritage intellectuel de Fatima Mernissi.
Des figures du cinéma marocain à l’honneur
La cérémonie d’ouverture a rendu hommage à trois personnalités du cinéma et de la télévision marocains : les actrices Amal Ayouch et Meryem Zaïmi, ainsi que le réalisateur Mohamed Abderrahman Tazi. Le festival salue ainsi des parcours qui ont marqué durablement le paysage audiovisuel national.
Cette 19e édition coïncide aussi avec le 40e anniversaire de la création de l’Association Bouregreg. Son président, Noureddine Chmaou, a souligné à cette occasion le rôle du cinéma comme espace privilégié d’expression et de débat sur les grandes questions de société, en particulier celles liées aux femmes.
Le festival entend ainsi poursuivre sa vocation : promouvoir la cause féminine, déconstruire les stéréotypes et interroger leur représentation dans les œuvres cinématographiques.
Le Québec, invité d’honneur
Le cinéma québécois occupe une place centrale dans la programmation. Quatre films sont projetés, accompagnés de rencontres professionnelles et d’une master class animée par Halima Elkhatabi, réalisatrice québécoise d’origine marocaine.
Le directeur du Bureau du Québec à Rabat, Julien Cormier, a salué ce choix, estimant qu’il traduit la vitalité des relations culturelles entre le Québec et le Maroc. Il a également mis en avant la capacité du cinéma à rapprocher les publics et à favoriser la compréhension mutuelle.
Fatima Mernissi célébrée
Le festival consacre par ailleurs un volet à l’héritage scientifique et sociologique de Fatima Mernissi, en collaboration avec l’Association des amis de Fatima Mernissi pour les activités culturelles.
Le film « Fatema, la sultane inoubliable », réalisé par Mohamed Abderrahman Tazi, figure au programme de cet hommage, en écho à l’engagement de la sociologue et écrivaine en faveur des droits et de l’émancipation des femmes.
Une programmation élargie
Parmi les nouveautés figure la rubrique « La femme... dans leur regard », qui propose d’explorer la manière dont des réalisateurs masculins abordent la condition féminine. Mohamed Abderrahman Tazi en est le premier invité.
Le programme comprend également un colloque consacré au thème « Le cinéma et les enjeux de la société civile », un « Dialogue de cinéastes » réunissant Hind Bensari et Sofia Alaoui, ainsi que la remise du « Prix de l’Autre Rive ».
En parallèle des compétitions officielles, le festival entend toucher un public plus large grâce à des projections en plein air organisées à l’espace « Souk El Kbir », dans la médina de Salé. Cette 19e édition confirme ainsi la volonté du FIFFS d’associer création, débat et ouverture sur différents publics.