Washington vise les routes terrestres de l’Iran, une tour d’Aramco endommagée à Riyad

Washington vise les routes terrestres de l’Iran, une tour d’Aramco endommagée à Riyad

Un selfie devant un panneau de propagande anti-américain représentant le président américain Donald Trump, lors d'un rassemblement sur la place Enqelab à Téhéran, le 4 novembre 2026. (Photo Atta Kenare / AFP)

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L’armée américaine prévoit de créer une équipe pour bloquer les circuits d’approvisionnement de l’Iran par voie terrestre et par la mer Caspienne. En Arabie saoudite, une tour du groupe pétrolier Aramco a été endommagée dimanche 8 novembre à Riyad, où la coalition militaire dit avoir intercepté deux missiles.

Washington veut étendre la pression sur l’Iran

Les États-Unis imposent déjà de lourdes sanctions économiques à l’Iran et bloquent ses ports dans le cadre de la guerre déclenchée en février par des frappes israélo-américaines. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) affirme que ce blocus a « empêché l’Iran d’exporter pour plus de 25 milliards de dollars de pétrole brut ».

La nouvelle équipe, composée de 20 civils et militaires et basée en Floride, travaillera avec les agences fédérales pour « empêcher le transit de systèmes d’armes de pointe, de technologies à double usage, de matériaux soumis à des sanctions et de flux de revenus illégaux à travers les frontières terrestres de l’Iran et la mer Caspienne ».

Ces travaux « limiteront encore la capacité de l’Iran à financer le terrorisme, à reconstruire des usines d’armement et à réapprovisionner ses forces armées », a déclaré samedi sur X le chef du Centcom, Brad Cooper.

Les Gardiens de la Révolution prédisent l’échec du projet

Le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi, a assuré que le projet « échouerait » et ne provoquerait pas « l’effondrement » de l’économie iranienne. Cité par l’agence Fars, il a affirmé que les États-Unis étaient « incapables de bloquer » les voies de communication entre l’Iran et ses voisins.

En août, Washington avait annoncé viser l’« asphyxie » de l’économie iranienne en réponse au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran. L’Iran s’en prend régulièrement aux navires qui tentent de franchir ce passage stratégique sans son autorisation.

Riyad fait état de dégâts mineurs chez Aramco

De fortes explosions ont retenti dimanche matin dans la capitale saoudienne. Un témoin a indiqué à l’AFP que « la tour Aramco à KAFD a été prise pour cible », en référence au quartier financier du roi Abdallah. Un autre dit avoir vu un projectile frapper le bâtiment, sans pouvoir déterminer s’il s’agissait d’un missile ou d’un drone. Un témoin a signalé des vitres brisées et des dégâts visibles sur la façade, qui semblent toucher plusieurs étages.

Le ministère saoudien de l’Énergie a fait état d’une « tentative d’attaque » contre un bâtiment administratif d’Aramco. Selon lui, la chute de débris a causé des dégâts mineurs, sans faire de blessés ni de morts. L’AFP n’a pas pu confirmer dans l’immédiat l’étendue des dommages. Le ministère de l’Intérieur a rappelé l’interdiction de filmer ou de diffuser des images de drones, de missiles ou d’impacts.

La coalition dirigée par Riyad a annoncé avoir intercepté deux missiles balistiques qu’elle attribue aux Houthis, alliés de l’Iran. Le mouvement n’a pas réagi dans l’immédiat. Les installations d’Aramco sont régulièrement visées depuis la reprise des hostilités en juillet. Le 14 octobre, les autorités avaient déjà signalé une frappe contre un bâtiment du groupe à Dhahran, où se trouve son siège.

Le conflit s’intensifie au Yémen

Le quartier financier du roi Abdallah, qui accueille notamment la Bourse saoudienne, le fonds souverain du royaume et Goldman Sachs, est l’un des symboles des réformes du prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon Andreas Krieg, du King’s College de Londres, les Houthis, avec cette frappe, « prennent en otage la transformation économique de l’Arabie saoudite dans une guerre qui semble de plus en plus impossible à gagner » pour le royaume. L’analyste souligne aussi la difficulté pour Riyad de « rétablir sa capacité de dissuasion par la seule puissance aérienne ».

Les explosions sont survenues quelques heures après l’annonce de la reprise des cours en présentiel à Riyad, après plusieurs semaines d’enseignement à distance. Au Yémen, où les combats ont repris en juillet après quatre ans d’accalmie, le ministère de la Santé des Houthis a fait état samedi de 33 morts, dont huit femmes et 13 enfants, dans un bombardement de la coalition contre un village à l’est de Sanaa. La veille, au moins 30 personnes avaient péri dans le bombardement d’un marché du gouvernorat de Taëz. Les forces gouvernementales yéménites et les Houthis se sont mutuellement accusés de cette attaque. (Quid avec AFP)

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