À Essaouira, la peinture et le tapis marocain se rencontrent dans un « Face à Face » créatif

À Essaouira, la peinture et le tapis marocain se rencontrent dans un « Face à Face » créatif

L’originalité de cette exposition réside dans la rencontre entre les compositions picturales de Léa Vandeveld et leur interprétation textile par Azzedine Chikar.

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L’art contemporain dialogue avec le savoir-faire artisanal marocain à Essaouira, où l’artiste française Léa Vandeveld et le designer souiri Azzedine Chikar présentent leur exposition conjointe « Face à Face ». Inaugurée mercredi 7 octobre à Dar Souiri, cette rencontre artistique, ouverte au public jusqu’au 30 octobre, explore les passerelles entre peinture et création textile, en donnant une nouvelle expression aux formes et aux couleurs à travers l’art du tapis.

Quand la toile inspire le tapis

C’est dans la salle Tayeb Saddiki de l’espace socioculturel Dar Souiri que les deux créateurs ont choisi de faire dialoguer leurs univers. Le vernissage s’est déroulé en présence de nombreuses personnalités marocaines et étrangères, dont André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador.

L’originalité de cette exposition réside dans la rencontre entre les compositions picturales de Léa Vandeveld et leur interprétation textile par Azzedine Chikar. Inspiré par les œuvres de la peintre, le designer a conçu une série de tapis qui reprennent ses formes, ses couleurs et son langage visuel.

Le passage de la toile au tapis ne relève pas d’une simple reproduction. Il ouvre un nouvel espace de création où les techniques traditionnelles marocaines rencontrent les codes de l’art contemporain. Les deux disciplines conservent leur identité tout en s’enrichissant mutuellement.

Léa Vandeveld, l’art de réinventer la matière

Artiste française dont les œuvres sont présentées à l’international, Léa Vandeveld développe une pratique fondée sur l’expérimentation des matières et des techniques.

À Essaouira, elle dévoile deux facettes de son travail. La première rassemble des créations de grand format associant peinture acrylique, bombes de couleur et pastels. La seconde, plus insolite, repose sur l’utilisation de produits de maquillage recyclés comme matériaux picturaux.

« Je récupère du maquillage périmé ou non utilisé et je peins avec, c'est comme de la peinture et, ensuite, cela devient une œuvre artistique durable », explique-t-elle à la MAP.

Cette démarche singulière lui a permis de se faire connaître dans le monde artistique et de nouer des collaborations avec des acteurs de la mode et de grandes marques de cosmétiques.

Passionnée d’art depuis l’enfance et engagée professionnellement dans cette voie dès l’âge de 15 ans, la peintre voit dans cette exposition l’occasion de confronter son univers à celui d’un créateur marocain.

Aux jeunes artistes, elle adresse un message de persévérance : cultiver leur singularité, rester motivés et ne jamais renoncer à leur vocation.

Azzedine Chikar, le tapis entre héritage et modernité

Originaire d’Essaouira, Azzedine Chikar travaille depuis près de huit ans à renouveler l’esthétique du tapis marocain. Son attachement à cet objet remonte à l’enfance, dans un environnement où il occupait une place familière.

« J'ai grandi dans un environnement où le tapis occupait une place importante dans notre vie quotidienne », confie-t-il.

Sa collaboration avec Léa Vandeveld lui offre aujourd’hui l’occasion d’explorer de nouvelles compositions, en associant les techniques du tissage aux formes et aux couleurs de la peinture contemporaine.

Pour le designer, cette expérience illustre la capacité du tapis à dépasser sa fonction traditionnelle pour devenir un véritable support d’expression artistique.

Conçue à Essaouira, « Face à Face » témoigne ainsi d’une rencontre féconde entre deux sensibilités et deux pratiques. Elle rappelle que le patrimoine artisanal marocain, loin d’être figé, peut se renouveler au contact de la création contemporaine, sans perdre les racines qui font sa richesse.