13ème Festival de la culture soufie : ''L’ART DE LA TRANSMISSION''

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Tradition du Festival de Fès, les deux grandes soirées prévues ont respectivement pour thème : « Sur les pas d’Ibn’Arabi et « Les résonances de Rûmi à travers le monde.

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C’est parti ! Voilà la 13ème édition du Festival de la culture soufie qui démarre le 17 octobre jusqu’au 26 de ce même mois. Une particularité : son déroulement en ligne. Quel thème ? L’art de la transmission. C’est qu’en effet le soufisme, par tradition millénaire, n’est-ce pas la voie de la transmission ? Une chaîne de transmission initiatique qui remonte au Prophète Sidna Mohammed (Silsila). Le processus ? La transmission du maître au disciple, des valeurs morales, du secret spirituel aussi (Sirr).

Le soufisme a un socle, un référentiel ; c’est un héritage culturel, philosophique et spirituel, un legs donc toujours vivant pour les générations actuelles et futures. Des valeurs. Une éthique. Une sagesse.

Deux grands soirées, des tables rondes, des expositions, des « instants d’écoute » (lecture de sagesse de Joha, derviche sage et facétieux, avec ses histoires connues de l’inde à la Turquie), café littérature… Tradition du Festival de Fès, les deux grandes soirées prévues ont respectivement pour thème : « Sur les pas d’Ibn’Arabi et « Les résonances de Rûmi à travers le monde. Ibn’Arabi c’est honorer d’une des plus grandes figures du patrimoine spirituel universel, né à Murcia (Andalousie) et mort à Damas (1165-1240). On l’appelait Cheikh Al Akbar. Avec Rûmi, de son vrai nom Djalal ad-Dîn Mohammed Balkhi (1207-1272), voilà une œuvre spirituelle qui reste une source d’inspiration pour les artistes, les spirituels et même pour les décideurs de tous horizons et de toutes confessions. Lors de cette manifestation exceptionnelle, autour de musiciens, de penseurs et d’exagètes de son œuvre, il s’agira de tenter de partager un chemin vers l’universel.

Un challenge ? Assurément. Comment organiser un festival - a fortiori de culture soufie... - avec cette pandémie imposant des masques, des gestes barrières, une distanciation physique et des rassemblements réduits à leur plus simple expression ? Défi relevé !  

Voilà bien donc une conception nouvelle mettant à profit la promotion la culture - toujours - mais autrement, suivent des modalités, des contraintes et des modes d'expression inédits. Seront ainsi explorés d'autres lieux, des patrimoines et des espaces de la culture soufie ; seront également mis en relation des conférenciers - une bonne soixantaine - avec des centres d'études dans le monde ; seront aussi suivis, au quotidien, par les fidèles de ce festival. Un public élargi cette fois-ci à des segments d'internautes dépassant celui traditionnel de cette manifestation.

Le thème de cette édition est le suivant : "L'art de la transmission". Une problématique complexe, bien entendu, mais qui offre un levier d'appréhension et de relecture aussi pour se poser des questions essentielles sur les valeurs humaines et spirituelles. De quoi pousser à s'interroger sur celles que l'on aimerait - ou devrait ? - transmettre aux générations futures. Avec cette pandémie, tout le monde est interpellé : quel cap prendre désormais ? D'une autre manière, quel sens donner à nos vies. A la vie. A notre destin collectif ? Le festival va encore plus loin ; en sollicite le regard d'aujourd'hui sur les leçons reçues des générations passées, sur le legs culturel et même civilisationnel. A cet égard, l'histoire a légué un capital largement immatériel par un processus millénaire d'accumulation.

 Il importe d’aider, comme le dit Fouzi Skali, président de ce festival, à "éclairer nos esprits", plus encore peut-être à "nourrir nos âmes". Un référentiel donc, qui considère que l'humanité est un donné, une matière première reçue en partage ; il faut œuvrer à la développer, à la faire grandir en ravivant la spiritualité. La culture soufie s'inscrit dans cette démarche ; elle appelle à une conscience de plus en plus élargie et profonde de soi. Une culture, une culture autre, est à redécouvrir et à revitaliser. Il faut la transmettre ; elle ne peut que redonner à la spiritualité toute sa place et sa dimension. Une aventure pas seulement individuelle mais aussi collective. N'est-ce pas le monde demain qui est à l'ordre du jour ? Des semences d'avenir pour réfléchir à la "résistance" à opposer à la "globalisation d'une culture sans âme", comme le dit Fouzi Skali, et qui n'épargne pas l'expression du religieux lui-même.

Durant une dizaine de jours, la déclinaison du programme en ligne part à la rencontre de publics pour qui la culture soufie est vivace, avec son patrimoine et ses valeurs ; ils seront ainsi accueillis dans les centres historiques spirituels de Fès à Konya (Turquie), de Grenade à Niamey, de Lahore (Pakistan) à Fès, etc... autour du thème de "l'art de la transmission". Sont prévus des expositions, des tables-rondes, des cafés littéraires, des cérémonies soufies, des master class et d'autres activités. I Il faut également mentionner la participation et la mobilisation d'une soixantaine d'intervenants (chercheurs, spécialistes, écrivains, comédiens, plasticiens, guides spirituels). Un patrimoine culturel et spirituel que celui de la culture soufie ; il vaut de le revisiter parce qu'il offre une voie vers l'universel.