Le Ramayana: de l'épopée hindoue au film le plus cher de l'histoire de Bollywood

Le Ramayana: de l'épopée hindoue au film le plus cher de l'histoire de Bollywood

Les actrices de Bollywood Alia Bhatt (à gauche) et Neetu Singh Kapoor assistent à la projection spéciale du film épique et mythologique indien en hindi « Ramayana : Partie 1 » à Mumbai, le 3 novembre 2026. (Photo : Sujit JAISWAL / AFP)

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Avec un budget colossal de 420 millions de dollars, « Ramayana » s’annonce comme la production la plus coûteuse de l’histoire du cinéma indien. Réalisée par Nitesh Tiwari, cette adaptation de la célèbre épopée hindoue ambitionne de conquérir le public mondial. Mais derrière le spectacle cinématographique se dessine aussi l’histoire d’un récit millénaire, profondément ancré dans la culture, la religion et les débats politiques de l’Inde contemporaine.

Un budget record pour une épopée mythique en mondovision. Le film "Ramayana", annoncé comme le plus cher de toute  l'histoire du cinéma indien, sort jeudi dans les salles du monde entier.

Réalisé par Nitesh Tiwari, le long-métrage retrace en deux parties l'une des légendes les plus fameuses de la religion hindoue, que les plus enthousiastes comparent déjà à la récente "Odyssée" du metteur en scène anglo-américain Christopher Nolan.

Son tournage, réalisé avec l'appui de l'intelligence artificielle (IA) pour synchroniser son doublage en 40 langues, a coûté selon les experts les plus avertis de Bollywood quelque 420 millions de dollars.

Voici ce qu'il faut retenir de ce film:

Que raconte-t-il ?

Attribué au poète sanscrit Valmiki, le Ramayana retrace la quête du prince Rama, parti sauver sa femme Sita des griffes du roi démon Ravana, avec son frère Lakshman et le dieu singe Hanuman.

Cette épopée composée au Ve siècle avant notre ère a été réinterprétée au fil des temps dans toute l'Asie du Sud et du Sud-Est.

Rama est resté de nos jours l'un des héros favoris des Hindous, qui le révèrent comme une réincarnation du dieu Vishnou.

Un prince très politique

Le nom du prince est également associé à une controverse politique très contemporaine.

Des militants ultranationalistes hindous ont détruit en 1992 une mosquée construite au XVIe siècle dans la ville d'Ayodhya (nord), sur ce qu'ils considéraient être le palais de Rama.

L'opération est à l'origine de longues années de violences meurtrières en Inde, qui ont causé la mort d'au moins 2.000 personnes pour l'essentiel issues de la communauté musulmane.

En 2019, la Cour suprême indienne a validé la construction sur le site d'un temple à la gloire de Rama, inauguré en grande pompe par le Premier ministre Narendra Modi en 2024 avant les élections générales qui l'ont reconduit au pouvoir.

Un phénomène télévisuel

Déjà adapté à maintes reprises sur de nombreux supports, le Ramayana a donné lieu à une série télévisée à succès diffusée à la fin des années 1980 par la chaîne publique Doordarshan.

À une période où les représentations visuelles de Rama restaient rares, le feuilleton a été suivi avec passion par des millions d'Indiens. Au point que certains experts politiques lui attribuent une partie au moins du succès des nationalistes hindous.

L'incarnation politique du mouvement, le Bharatiya Janata Party (BJP) de Narendra Modi, ne comptait que deux députés à la chambre basse du Parlement en 1984. Sa représentation y est passée à 85 élus en 1989 et 120 en 1991, quand la question d'Ayodhya est devenue d'importance nationale en 1991.

Au-delà de l'Inde

Le Ramayana a inspiré de nombreuses légendes et épopées bien au-delà de la seule péninsule indienne et dans de nombreuses langues comme le tamoul, le bengali, le khmer ou encore l'indonésien.

Le récit et ses personnages apparaissent dans des danses, des pièces de théâtre ou des spectacles de marionnettes jusqu'en Thaïlande ou au Cambodge.

Il joue également un rôle primordial dans de multiples célébrations religieuses en Inde, notamment celles de Dussehra, qui marquent la victoire de Rama sur Ravana, et de Diwali, associées au retour de Rama à Ayodhya après son exil.