économie
20 milliards de dirhams de crédits supplémentaires pour la compensation et les inondations
De D à G : Nadia Fettah, ministre de l’Economie et des Finances, Fouzi Lekjaa, ministre délégué au Budget, et Mustapha Baitas, ministre délégué en charge des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement
Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a annoncé l’ouverture de crédits supplémentaires de 20 milliards de dirhams au profit du Budget Général afin de soutenir la Caisse de compensation, renforcer les établissements publics, couvrir des dépenses exceptionnelles et faire face aux conséquences des inondations ayant touché plusieurs régions du Royaume. Le gouvernement assure que cette mesure reste compatible avec les objectifs de maîtrise du déficit et de réduction de l’endettement public.
Des crédits répartis entre compensation, investissements publics et inondations
Présentant devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants le décret n°2.26.395 adopté lors du dernier Conseil de gouvernement, Fouzi Lekjaa a détaillé la répartition des crédits supplémentaires.
Selon le ministre, 8 milliards de dirhams seront affectés à la Caisse de compensation afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages à travers le maintien de la stabilité des prix du gaz butane ainsi que des coûts du transport des personnes et des marchandises.
Par ailleurs, 6 milliards de dirhams serviront à couvrir des dépenses exceptionnelles non prévues initialement dans la Loi de finances 2026, dans un contexte marqué par les évolutions de la conjoncture internationale.
Le gouvernement prévoit également de consacrer 4 milliards de dirhams au renforcement des fonds propres de certains établissements et entreprises publics. Enfin, 2 milliards de dirhams seront mobilisés pour couvrir les dépenses liées aux inondations enregistrées dans certaines régions du pays.
Une hausse des recettes fiscales
Fouzi Lekjaa a indiqué que ces crédits supplémentaires ont pu être financés grâce à la dynamique des recettes fiscales observée jusqu’à fin avril 2026.
Les recettes fiscales ont progressé de 10,9 milliards de dirhams par rapport à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 8,9%. Le taux de réalisation des prévisions de la Loi de finances atteint ainsi 36,4%.
Cette évolution est principalement portée par la progression des recettes de l’impôt sur les sociétés, en hausse de 24,9%, ainsi que par l’augmentation des recettes de la taxe sur la valeur ajoutée de 3,9%.
Le ministre a attribué ces résultats à l’amélioration du recouvrement fiscal, aux réformes engagées ces dernières années et à l’élargissement de l’assiette fiscale.
Maintien des équilibres budgétaires
Le gouvernement affirme que l’ouverture de ces crédits supplémentaires ne remet pas en cause les équilibres budgétaires fixés dans la Loi de finances 2026.
Fouzi Lekjaa a indiqué que l’objectif reste de ramener le déficit budgétaire à 3% du produit intérieur brut à la fin de l’année 2026, contre 3,5% en 2025.
Il a également souligné la poursuite de la baisse du ratio de la dette du Trésor par rapport au PIB, lequel devrait se stabiliser autour de 66% en 2026.
Le ministre a enfin rappelé que les recettes ordinaires du Budget Général ont progressé, entre 2021 et 2025, à un rythme annuel moyen de 13,5%, tandis que les recettes fiscales ont enregistré une hausse moyenne annuelle de 12,4%.