Le fabuleux destin de Khadija Alami Laaroussi

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Rabat - Khadija Alami Laaroussi apparaît comme un heureux présage.

Lorsqu'elle marche vers nous, allure décontractée et pas léger, enveloppée dans sa robe fleurie et qu'elle nous sourit, nous comprenons, instantanément, que sa présence va être grondante et sa force exaltante.

Et à cette dame particulière, un métier tout aussi singulier.

"Ce qui fut un pur hasard est devenu une passion", confie à la MAP Khadija Alami Laaroussi, qui a fait de la production cinématographique son métier.

Car après "trente-six ans de carrière", révèle-t-elle, "si j'y suis encore, c'est que la passion est grande !"

Partageant son quotidien entre le Maroc et les Etats-Unis, elle affirme que son intérêt pour la production "a grandi au fur et à mesure que l'expérience s'est développée", jusqu'à devenir "un challenge" et constituer "le moteur" qui la pousse et la propulse.

Ses débuts, Khadija Alami Laaroussi, les qualifie de "grande aventure" et dans son regard, surgissent l'enthousiasme et la fougue qui ont dû, par le passé, l'animer et la porter vers un métier "qui n'était pas du tout dans mon radar", comme elle l'explique si bien.

Celle qui ne connaissait du cinéma que les nombreux films qu'elle a visionnés, depuis sa tendre enfance, est aujourd'hui à la tête de sa propre société de production et de son propre studio de cinéma.

Réputée de bout et d'autre du monde, de Ouarzazate à Hollywood, Khadija Alami Laaroussi aborde son parcours avec grande humilité et sans fausse modestie.

Son courage de panthère, qu'elle transmet naturellement, lui a permis de tracer son chemin, grâce à l'éducation qu'elle a reçue, avec "personnalité et caractère", privilégiant une approche professionnelle à une approche de genres, pour ainsi s'imposer dans une industrie à forte dominance masculine.

Si elle ne fait pas de discrimination entre les hommes et les femmes dans le choix de ses projets, une sensibilité à l'égard de ces dernières persiste toutefois, parce que comme nous toutes, Khadija Alami "espère" tout de même faire partie de ces femmes qui font des choses pour les autres femmes.

"J'essaie d'encourager les jeunes femmes à ne pas hésiter à se battre pour leurs rêves", souligne la productrice, qui ose espérer que sa carrière "sert et servira" à sa fille et à toutes les femmes aussi.

Et à l'ère des mouvements#Metoo et #Timesup qui ont bouleversé l’industrie cinématographique, Khadija Alami est consciente de l'importance de gagner ou de redonner confiance à ceux et celles qui l'ont perdue.

"Nous assurons l’équipe que nous, les responsables, sommes et serons toujours à l'écoute et qu’ils ne doivent jamais hésiter à nous parler au moindre incident", assure-t-elle, notant qu'elle pratique "la politique de la porte ouverte", pour garantir une accessibilité à tout moment.

Acquise à l'idée qu'il ne faut laisser "ni les hommes, ni les femmes" rabaisser et décourager les jeunes filles qui souhaitent poursuivre leurs rêves et leurs ambitions, Khadija Alami revient, avec sagesse, sur sa détermination sans laquelle, elle ne serait pas là où elle est aujourd’hui.

"Si j'avais écouté qui que ce soit, je n'aurais rien fait du tout", nous dit-elle, partant de son expérience personnelle, "alors que le fait d'avoir démarré ces studios, c'est ce qui m'a ouvert la porte de l'Académie des Oscars".

"Je n'ai aucun regret, tout ce que j'ai fait jusque là, je l’assume", conclut Khadija Alami Laaroussi, évoquant sa carrière, "il y a eu beaucoup de choses qui se sont faites par hasard et que j'ai découvert tout au long de ma vie, mais si après 36 ans je suis encore là, c'est que j'aime bien ce que je fais !"