Ne touchez pas à mes monuments !

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Place de la République à Paris ou avenue Louise à Bruxelles

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Place de la République à Paris ou avenue Louise à Bruxelles, des voyous revanchards, nourris au biberon de la haine, profitant allégrement des allocations que ces deux pays leur servent, s’en prennent au passé de ceux qui leur ont permis de s'affranchir de leurs dictatures. Ils prétendent vouloir faire justice, en déboulonnant les statues élevées à la gloire de ceux qui ont fait l’Histoire de leur pays.

Ignorants, moutonniers se ruant derrières les idées reçues du moment, leurs actions, au demeurant répréhensibles, est le résultat d’une tendance occidentale à s'auto-flageller de manière obsessionnelle sur son passé esclavagiste ? Ils oublient qu'un esclavage bien réel sévit et se poursuit, quasi ignoré de tous, dans de nombreuses régions d'Afrique et du Moyen-Orient. 

Les pays colonisateurs de l’Afrique et de l’Asie, n’y ont pas apporter l’esclavage qui était naturel dans ces régions. Ils ne l’ont pas, non plus importé en Europe, mais combattu, au fil des ans.

L’universitaire afroféministe américaine Kimberlé Williams Crenshaw avait proposé le terme de intersectionnel en 1989, pour parler spécifiquement de l'intersection entre le sexisme et le racisme, subi par les femmes afro-américaines, les conséquences en matière de pouvoir, et poser la question : pourquoi ces femmes n'étaient pas prises en compte .

Pour ces intersectionnels, les États-Unis sont le pays le plus despotique du monde,  pas la Chine, pas la Corée du Nord, pas l'Arabie saoudite ou l'Iran. Il est vrai que leur lutte est axée sur un passé révolu.

Les États-Unis ont aboli l'esclavage il y a 150 ans et ont mis en place une politique de promotion sociale des minorités. A deux reprises, ce pays a élu un président noir, Barack Obama  ! Pourtant, une déferlante anti-statues, déboulonne un monument historique après l'autre, comme si les États-Unis asservissaient encore les Afro-Américains. Des militants de Washington DC ont même pris pour cible le Mémorial de l'Emancipation qui honore le président Abraham Lincoln, lequel a payé de sa vie la libération des esclaves.

Ils devraient aller plutôt libérer les esclaves qui souffrent encore de nos jours, en Afrique et au Moyen-Orient tout proche. Ces esclaves là, ne bénéficient d'aucune manifestations de rues. Aucune pression n'est exercée en leur faveur au plan international, et aucun média n'évoque leur sort.

Méditez ce que Kamel Bencheikh, poète arabe, a écrit  dans   Le Matin d’Alger : « Nous ne devons pas oublier que les arabo-musulmans ont été des champions dans ce domaine,  les émirs et les sultans d'antan achetaient des convois entiers de jeunes éphèbes noirs pour en faire des eunuques pour garder leurs harems. Et cela s'est poursuivi avec les empereurs ottomans... Aujourd'hui même, en 2020, la Mauritanie et l'Arabie saoudite logent toujours des Ku Klux Klan bien à elles. L'esclavage est toujours de mise à Nouakchott en Mauritanie. Quant à Riad, il suffit de se renseigner sur les jeunes filles asiatiques que les potentats engagent comme petites bonnes pour ne plus les relâcher. ».

Une enquête de BBC Arabic a révélé qu'en Arabie saoudite les employées de maison sont vendues en ligne et représentent un marché aux esclaves en plein essor.

Pour nombre d'Européens écrit Kamel Bencheikh, la mort de George Floyd a été l'occasion de transformer une lutte respectable en une inimaginable dépravation.

En Occident, on n'exécute pas les apostats, on ne crucifie pas les hétérodoxes, on ne jette pas la pierre sur la femme infidèle, on ne crache pas sur les hérésiarques .  Cet antiracisme menteur et malsain est en train de se transformer tout simplement en Racisme, le racisme du Blanc. Ils insultent le blanc coupable d'avoir eu, il y a plus de cent ans, des gestes déplacés ou des pensées honteuses. Ils insistent comme le loup de La Fontaine disant à l'agneau : « Si ce n'est toi, c'est donc ton frère. » 

Les personnes qui ont fui Bouteflika et Kadhafi, les tyrans de Kinshasa et Niamey, viennent cracher une haine incompréhensible à Paris ou à Bruxelles.

Comme Bencheikh, l'écrivain algérien Mohammed Sifaoui nous rappelle à tous que « la Mauritanie, en Afrique du Nord, est aujourd'hui, le pays le plus esclavagiste du monde. Le Qatar au Moyen-Orient l'est tout autant, ainsi que l'Arabie Saoudite sous sa bannière de Gardiens des Lieux saints de l'islam. »

Ayaan Hirsi Ali, qui a fui son pays natal, la Somalie, et vit maintenant aux États-Unis, écrit :

« Les médias ne vous disent pas que l'Amérique est le meilleur endroit au monde pour être noir, femme, gay, trans ou n'importe quoi d'autre. Nous avons nos problèmes et nous devons les résoudre. Mais notre société et nos systèmes sont loin d'être racistes ».

Selon Andrew Sullivan : « "L'intersectionnalité" est la dernière lubie qui balaie l'institution académique américaine. En apparence, cette théorie néo-marxiste récente, soutient que l'oppression sociale ne s'applique pas simplement à une catégorie unique d'identité - telles que la race, le sexe, l'orientation sexuelle, la classe, etc. – L'oppression sévit sur toutes ces catégories ensemble, dans un système qui imbrique étroitement hiérarchie et pouvoir. »

Hirsi Ali, qui a fui la Somalie et a subi des mutilations génitales, connaît mieux l'oppression que les militants anti-statues. Dans le Wall Street Journal Hirsi Ali écrit :

« Quand j'entends dire que les États-Unis se définissent avant tout par le racisme, quand je vois que « Fragilité Blanche » de Robin DiAngelo est en tête de liste des best-sellers, quand je lis que des enseignants et des journalistes sont licenciés pour avoir osé questionner la doxa de Black Lives Matter — alors je me sens obligé de parler ... L'Amérique apparait différente si comme moi, vous avez grandi en Afrique et au Moyen-Orient ».

Chroniqueur au Monde et au magazine Le Point, l'écrivain algérien Kamel Daoud a mis en cause cette hypocrisie. « il y a déjà un instinct de mort dans les airs de la révolution totale imaginée par chacun » note Daoud.

« L'Occident étant coupable par définition selon certains, on se retrouve non dans la revendication du changement mais, peu à peu, dans celle de la destruction, la restauration d'une barbarie de revanche ».

« Il est interdit de dire que l'Occident est aussi le lieu vers où l'on fuit quand on veut échapper à l'injustice de son pays d'origine, à la dictature, à la guerre, à la faim, ou simplement à l'ennui. Il est de bon ton de dire que l'Occident est coupable de tout ».

Zineb El Rhazoui, journaliste française d'origine marocaine, dont l'anti-islamisme lui vaut de vivre sous menaces de mort constante, a récemment déclaré :

« Le seul racisme que je subis vient de Maghrébins. Pour les Algériens, je suis la pute marocaine. Pour les Marocains, je suis la pute algérienne. Pour les 2, une « pute à juifs ».

Ces Arabes dissidents sont les victimes invisibles du racisme en France. Zineb el Rhazoui a affirmé que « la France est l'un des pays les plus tolérants et les moins racistes du monde» et que la véritable menace n'est pas le racisme, mais le communautarisme, dénoncé aussi par ailleurs par le président français Emmanuel Macron.

Pendant qu’on déboulonnait les statues de Victor Schoelcher, père de l'abolition de l'esclavage, en Martinique, l'écrivaine franco-sénégalaise, Fatou Diome, a appelé elle, à l'abandon du discours sur la décolonisation : « C'est une urgence pour ceux qui ne savent pas encore qu'ils sont libres. Je ne me considère pas colonisée, donc ce baratin ne m'intéresse pas. La rengaine sur la colonisation et l'esclavage est devenue un fonds de commerce ».

Il est probable qu'aujourd'hui, les vrais marchands d'esclaves et les racistes - ceux qui croient que les sociétés et les valeurs occidentales ne devraient pas exister - se penchent sur l'auto-flagellation occidentale avec une indicible délectation.

Le nouvel antiracisme est un racisme déguisé en humanisme, sous-entendre que tout Blanc est mauvais ... et que tout noir est une victime.

Il est temps que l’Occident arrête de se culpabiliser. Il n’a aucune excuse à présenter à quiconque. Il doit assumer son passé, avec ses heures de gloire et ses périodes d’errements. C’est en ne caviardant pas son Histoire, que l’on est une Nation.

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