Carburants : pas d’entente relevée par le Conseil de la concurrence, mais des ajustements limites

Carburants : pas d’entente relevée par le Conseil de la concurrence, mais des ajustements limites

Des opérateurs à aligner leurs révisions tarifaires sur des dates identiques, avec des variations d’ampleur comparable. Si ce comportement ne constitue pas une infraction en soi, il limite la flexibilité des ajustements et peut conduire à une certaine uniformité des prix, au détriment d’une dynamique concurrentielle plus différenciée.

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Dans une récente note couvrant la période du 16 mars au 1er avril 2026, le Conseil de la concurrence indique qu’il n’y a pas d’entente illégale entre les distributeurs de carburants, mais que leurs pratiques restent très similaires. Les prix sont souvent ajustés en même temps et de manière proche, ce qui limite la concurrence réelle. De plus, la baisse ou la hausse des prix internationaux n’est pas toujours répercutée de façon équilibrée à la pompe, surtout pour le gasoil.

Un marché jugé concurrentiel malgré des pratiques similaires

Le Conseil de la concurrence écarte toute entente ou pratique anticoncurrentielle sur le marché des carburants au Maroc. Cette conclusion intervient à l’issue d’une analyse portant sur l’évolution des prix à la pompe en lien avec les fluctuations des marchés internationaux.

L’institution relève néanmoins une tendance des opérateurs à aligner leurs révisions tarifaires sur des dates identiques, avec des variations d’ampleur comparable. Si ce comportement ne constitue pas une infraction en soi, il limite la flexibilité des ajustements et peut conduire à une certaine uniformité des prix, au détriment d’une dynamique concurrentielle plus différenciée.

Ce fonctionnement s’explique en partie par l’héritage de l’ancien système de régulation, dans lequel les révisions de prix intervenaient traditionnellement deux fois par mois. Dans un marché désormais libéralisé, le maintien implicite de ce calendrier apparaît, selon le Conseil, de moins en moins adapté.

Une répercussion des prix encore asymétrique

L’analyse comparative sur l’ensemble du mois de mars met en évidence une transmission inégale des variations des cours internationaux vers les prix à la pompe. Pour le gasoil, la répercussion demeure partielle, avec un écart global de -1,35 dirham par litre, traduisant un ajustement incomplet par rapport aux fluctuations externes.

Toutefois, une amélioration est observée sur la seconde quinzaine de mars, marquée par une réduction du décalage entre les évolutions internationales et les prix domestiques. Cette tendance suggère un ajustement plus réactif, sans pour autant effacer totalement les écarts constatés.

Concernant l’essence, la situation diffère sensiblement. La transmission des variations internationales apparaît supérieure, avec un écart global de +0,33 dirham par litre. Ce différentiel met en lumière une asymétrie persistante dans les mécanismes de formation des prix selon les produits.

Vers une adaptation des pratiques tarifaires

Face à ces constats, le Conseil de la concurrence appelle à une évolution des pratiques des opérateurs afin de mieux refléter les spécificités d’un marché ouvert. Il recommande notamment d’intégrer davantage de facteurs propres à chaque entreprise dans la fixation des prix, tels que les conditions d’approvisionnement, les niveaux de stocks ou les stratégies commerciales.

L’objectif affiché est de renforcer la transparence et la réactivité du marché, tout en préservant sa stabilité. Une telle adaptation permettrait, selon l’institution, d’améliorer la transmission des signaux internationaux et de consolider une concurrence plus effective entre les acteurs du secteur.

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